Article paru le 13/01 dans 20 Minutes sur la #confPR

Article paru le 13/01 dans 20 Minutes

POLITIQUE – Alors que sa vie privée est exposée sur le devant de la scène médiatico-politique depuis vendredi…

Comment François Hollande peut-il se sortir du guêpier dans lequel il se trouve:ne pas voir sa vie personnelle sa liaison supposée avec Julie Gayet, éclipser sa conférence de presse, dans laquelle il devait faire des annonces de taille pour relancer son quinquennat? Mission difficile si ce n’est impossible pour les trois experts en communication interrogés par 20 Minutes. «Il y a une règle évidente: quand on veut construire quelque chose de nouveau, il faut assainir le terrain, comprendre clarifier la situation avec Valérie Trierweiler, dans un sens ou un autre. Or, là, il est très pollué», note Jean-Luc Mano. Et l’hospitalisation de la Première dame rend l’opération épuration plus que compliquée. «Ce serait incorrect et jugé sévèrement», assure le président d’Only Conseil.

Déminer en préambule?

Pourtant, ce serait la solution à retenir pour Philippe Moreau-Chevrolet, président de l’agence de communication MCBG et chroniqueur politique. «Déminer la situation est impossible avant la conférence de presse. Il doit prendre acte de la situation et la reporter. Il doit clarifier la situation au cours de ses vœux à la presse, tout en restant élégant, dire un mot sur sa situation tout en fermant la porte à d’autres commentaires et donner plus tard sa conférence de presse lorsqu’il sera sur un terrain politique plus favorable», conseille-t-il. Et tant pis pour les commentaires qui accompagneraient ce report car chacun comprendrait qu’il est dans «une situation de communication de crise personnelle». Pourtant, le communicant doute que le chef de l’Etat retienne cette option. «Il va passer en force et rappeler le respect de sa vie privé», anticipe-t-il. Quand bien même cette règle est devenue «une ligne Maginot, note Jean-Luc Mano. On peut le regretter, comme moi, mais c’est devenu ainsi, on n’est plus dans les années 1980.»

Alors comment le chef de l’Etat peut-il sauver la situation? «Personne n’imagine qu’il s’étende sur le sujet, ce n’est ni sa personnalité, ni sa politique puisqu’il n’a jamais instrumentalisé sa vie privée, à la différence de Sarkozy», pose Arnaud Mercier, professeur en communication politique à l’Université de Lorraine. Le paradoxe étant que si les Français ne le jugeront pas sur sa vie privée, les sondages en attestent, «eux et la presse l’attendent sur ce sujet», il ne peut donc pas l’évacuer d’un revers de main. Plusieurs scénarios s’offrent donc à François Hollande: soit il prend les devant en préambule de Hollande sur le sujet, rappelant le distingo entre vie privée et vie publique pour tenter de clore le débat. «On n’est pas aux Etats-Unis, il n’y aura pas une pression maximale dessus», parie Arnaud Mercier.

De l’usage du ‘off the record’

Il peut aussi accepter une ou deux questions en début de conférence, pourquoi pas vues avec l’association de la presse présidentielle, «pour nettoyer le sujet au maximum, être audible sur d’autres questions et ouvrir une deuxième séquence plus large et politique», avance Jean-Luc Mano. Mais dans ce cas, il faudra qu’Hollande «use de phrases définitives et ciselées pour éviter des relances». Et s’il ne clarifie pas réellement la situation, «car chacun peut comprendre qu’il ne prenne pas une décision en un week-end, il peut dire un peu comme Sarkozy, que ‘comme tous les Français, son couple est secoué, etc.’, demander du respect mais surtout donner une perspective, une deadline», explique le communicant.

«Le distingo vie privée-vie publique qu’il fait est intenable. Il doit s’expliquer même s’il verrouille en disant que ce n’est ni le lieu ni le moment, mais qu’une clarification interviendra rapidement», ajoute l’universitaire. Et là, ça peut «être fait ‘off the record’, par le biais des conseillers, c’est aussi à ça que ça sert», juge-t-il. Cette manœuvre peut aussi être utilisée avant la conférence de presse. L’autre hypothèse est de reléguer cette question à la fin, «pour montrer que ce n’est pas important» mais cela aurait le défaut de suspendre toute la conférence de presse à cette éventuelle question.

Mais alors le message que tout le monde attend? Ses explications sur son pacte de responsabilité et son présumé virage libéral? Comment le délivrer sans parasitage? «Les événements peuvent être un aiguillon pour être d’autant plus fort et brillant sur le plan économique et politique», avance Arnaud Mercier. Pas d’eau tiède ou de flou cette fois, d’autant qu’il a suscité des attentes depuis ses vœux du 31 décembre. «Communiquer, c’est émettre un son audible dans le brouhaha. Or là, le brouhaha est puissant. Du coup cela peut conduire à une radicalisation», avance Jean-Luc Mano.

 Maud Pierron

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