Les perles des politiques 2

Lapsus mémorables, formules assassines, dérapages verbaux incontrôlés, les politiques ne manient pas que la langue de bois : ils savent aussi nous faire rire – parfois même à leurs dépens. Ces Perles des politiques rassemblent près de 150 répliques cinglantes ou insolites qui ont assaisonné l’actualité politique ces derniers mois.

Invité de Philippe Vandel

Philippe Vandel m’a invité sur son plateau « Tout et son contraire » sur France Info le 5 juillet 2012 pour parler de mon dernier ouvrage « Les phrases chocs de la Présidentielle ».

Vous pouvez réecouter l’émission en cliquant ici.

|24 juil 12

Interview sur mon dernier livre pour MEDIAPART

Interview de Jean Luc Mano par Hélène Loublier et Yannick Comenge

Vous sortez aujourd’hui « Phrases choc de la campagne présidentielle ». On dit déjà que c’est un outil majeur à l’encontre des communicants ou de ceux qui voudraient se lancer dans une carrière politique. Tout y est. On peut voir les cheminements de chaque candidat, les stratégies au détour de chaque sujet sociétal. Quel est pour vous le ressort de cet ouvrage ?

Ce livre a pour objet de produire une reconstitution des dialogues de la Présidentielle : à la fois des dialogues évidents, mais aussi des dialogues invisibles, car ne se déroulant pas sur la même scène. Une fois ces discours mis en évidence, j’ai voulu produire un peu d’analyse sur ces discours.

Je crois que la communication est utile lorsqu’elle est au service de la production de sens, et pour cela elle doit supporter la critique et le décryptage.

Pour vous au fil des phrases chocs, pouvait-on esquisser déjà la défaite des uns ou le succès des autres ?

C’est toujours facile de refaire le match après qu’il ait eu lieu. Mais on peut néanmoins voir plusieurs éléments dans les discours qui, au fil des semaines, vont nous indiquer l’issue du scrutin.

On s’aperçoit par exemple que la stratégie de Hollande est une stratégie payante. Hollande considère très tôt, dès janvier 2011, que la campagne se jouera sur l’anti-sarkozysme. Cet anti-sarkozysme va s’estomper au fil des mois de campagne sous l’effet de la radicalisation mais existera jusqu’au bout. En contre point d’image, le candidat socialiste va avancer dès le départ l’idée de la normalité. Cette dimension est très contestée au début, mais elle va tout de même s’imposer, parce qu’il y une volonté de sortir de l’exubérance.

A l’inverse, on voit que chez

Sarkozy cela ne fonctionne pas. La stratégie de l’essuie-glace qui veut rassembler de l’extrême-droite au centre-doit ne marchera pas. 2012 n’est pas 2007. Buisson conduit Sarkozy à l’échec , parce que son postulat de départ, « la France a viré massivement a droite », n’est pas vrai : le total des voix de gauche au premier tour de 2012 est de 7 points plus fort qu’au premier tour de 2007. Ce qui est vrai c’est qu’il y a une radicalisation de l’électorat de droite, mais cela ne veut pas dire que le curseur général du pays est plus à droite.

Les phrases montrent qu’il n’y a pas de constance dans la stratégie de Sarkozy. En fin de course, Sarkozy va perdre tout le Centre sans gagner suffisamment à l’extrême-droite, puisque les électeurs de l’extrême-droite vont au second tour déposer 2 millions de bulletins blancs dans les urnes.

Dans une campagne électorale, la principale clé c’est la constance. La stratégie d’Hollande ne changera pas, celle de Sarkozy change régulièrement. Et les phrases témoignent d’un candidat socialiste qui façonne l’opinion, et d’un candidat de droite qui court après l’électorat.

 

Quelles sont selon vous les meilleures stratégies développées par les présidentiables ?

On a une très bonne stratégie, qui est celle de Mélenchon, qui fait une très bonne campagne sur la thématique des Indignés, des rebelles, et qui réussit à fédérer un électorat éclaté. C’est une campagne qui aurait formidablement bien marché si la Gauche était sortante. Mais la volonté d’alternance était trop forte, pour lui permettre de s’imposer. Le vote utile a été plus fort que la fonction tribunicienne .

L’autre bonne campagne, c’est celle de Le Pen. Après avoir tenté d’aller au delà de son potentiel naturel avec la dédiabolisation et les incursions sur les thématiques économiques, elle est revenue aux thèmes de base de son parti : vision rabougrie de la nationalité, sécurité, immigration et même avortement, sans que cela n’éloignent ceux qu’elle avait séduits dans un premier temps.

Quant à François Bayrou, il n’avait pas de stratégie. Sa seule stratégie c’est lui-même et c’est insuffisant.

 

Avec votre expérience de la politique, pensez-vous que dans ses phrases on pourrait noter que Nicolas Sarkozy n’avait plus envie de gagner ?

Sarkozy a eu envie de gagner jusqu’au bout. Il fait jusqu’au bout une campagne très active. Mais ce qui est vrai c’est qu’il accepte, c’est très flagrant dans le débat d’entre deux tours, la logique du sortant probable perdant. Tout son discours un mois avant l’échéance porte sur les conséquences d’une victoire de la gauche. Il passe de challenger à virtuellement battu. Il parle pour la

postérité davantage que pour la victoire.

L’autre élément marquant que les phrases révèlent c’est que, par fierté, Sarkozy ne refuse pas

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le débat sur le bilan. La conséquence est terrible : lorsque l’un parle de l’avenir, l’autre parle du passé. Dans la tête des électeurs, Sarkozy se vit à l’imparfait, et Hollande au futur.

 

Outre les analyses introductives de chaque thème abordé, on peut voir votre ouvrage comme une forme de dialogue virtuel entre les candidats… comme si les phrases extirpées résonnaient entre elles… N’avez-vous pas finalement réussi le pari de recréer l’intégralité d’un débat avec un « digest » les plus concis qui soit ?

 

Ce n’est pas à moi de faire la critique de mon livre, ce serait comme danser avec sa sœur. Il n’y a qu’au cinéma, dans les Western, que l’on peut mettre sur une même scène, les cow-boys, les indiens, la Sierra , le magot, l’arrivée de la cavalerie et la femme blanche … En politique, c’est plus compliqué, il y a parfois besoin de replacer les éléments dans leur dynamique pour voir l’ensemble de la scène. Si le livre permet de d’appréhender de manière panoramique l’ensemble de l’action , tant mieux .

Au vu de la crise européenne, avec l’Espagne en filigrane, qu’imagineriez-vous comme dialogue entre les candidats passés ?

L’Espagne risque de prendre dans l’imaginaire français la place de la Grèce . C’est à dire l’image du danger et du contre modèle.

On aurait dans ce cas un dialogue similaire à celui de la campagne :

Hollande : L’austérité sans la croissance conduit à l’accentuation de la crise mais je peine à créer les conditions de la croissance .

Sarkozy : certes, il faut la croissance, mais d’abord la rigueur. On ne peut pas dépenser l’argent que l’on n’a pas. Mais j’inquiète en parlant de sacrifices .

Sur ces questions économiques, honnêtement, les 2 grandes forces politiques détiennent une part de la vérité ; le problème c’est le point de synthèse. C’est là qu’on rêve d’un système à l’américaine ou opposition et majorité se parleraient sur des questions d’intérêt supérieur et trouveraient un point d’équilibre. Hélas, vue le peu d’importance accordée aux questions internationales dans le débat Présidentielle et par la malédiction du gallocentrisme, on n’est en France jamais certain que ce qui se passe ailleurs soit instructif pour nous.

|24 juil 12

LES GROSSES TÊTES

J’ai eu le privilège d’être reçu le 18 juin 2012 par Philippe Bouvard et ses sociétaires aux grosses têtes sur RTL.

Fidèles à leurs traditions, ils m’ont gentiment cuisiné pendant une grosse heure.

Vous pouvez retrouver l’émission ci-après.

http://www.rtl.fr/emission/les-grosses-tetes/billet/lundi-18-juin-les-grosses-tetes-recoivent-jean-luc-mano-7749454706

On revient vers vous!

le 2 mai 2012, David Abiker m’a invité à un exercice particulier et instructif, comparer le débat d’entre deux tours de la présidentielle à un entretien d’embauche.

 

Vous pouvez retrouver la vidéo de cette émission « On revient vers vous » en cliquant ici.

Le 19h sur Public Sénat – Emission du 9 juin 2012

J’étais l’invité du 19h du 9 juin 2012, pour parler des principaux enjeux des élections législatives avec Stéphane Rozes.

Vous pouvez revoir l’émission en cliquant ici.

 

Artistes : soutenir un candidat de droite est-il un suicide commercial ? – Atlantico.fr

 

Atlantico : En 2007, Faudel, Doc Gynéco, Mireille Mathieu ont soutenu Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle. Aujourd’hui leurs carrières respectives sont en difficulté. Peut-on dire que le soutien apporté au candidat de droite a précipité leur déclin ?

Je crois que l’on ne peut pas systématiser. Quand on est un artiste, il est périlleux de prendre position, dans une campagne électorale, à l’opposé de ce que son public pense qu’on doit et qu’on va faire. Les publics de Faudel et Doc Gynéco ont été stupéfaits de voir ces deux artistes s’engager aux côtés de Nicolas Sarkozy. De fait, ces deux artistes avaient un public massivement hostile à Nicolas Sarkozy. Ce choc-là peut provoquer des difficultés d’un point de vue commercial, mais en réalité un artiste indiscutablement installé, qui a un public structuré et soudé, conserve son public. Même s’il perd quelques personnes ça et là, il récupère ce public perdu ailleurs.

Cela fait des décennies que des grands artistes français amènent à voter pour des candidats de droite sans que ça leur porte ni préjudice, ni malédiction éternelle.

Cela fait des décennies que des grands artistes français amènent à voter pour des candidats de droite sans que ça leur porte ni préjudice, ni malédiction éternelle.

Cette année, c’est l’acteur Gérard Depardieu, qui après de nombreux déboires, a apporté publiquement son soutien à Nicolas Sarkozy. Il s’est d’ailleurs exprimé lors du meeting du Président-candidat à Villepinte et a été fortement critiqué pour cela. Quelles conséquences professionnelles cela peut-il avoir pour l’acteur ?

Les soutiens de Nicolas Sarkozy au meeting de Villepinte

Il peut y avoir des critiques acerbes dans les titres de presse ou les autres médias. Mais ce genre d’artiste a atteint un taux de notoriété et d’estime de la part de son public tellement important qu’une décision de cette nature ne peut fondamentalement changer le cours de leur carrière.

C’est le cas de Johnny Hallyday ; il est l’exemple absolu d’un artiste qui peut s’engager tout en conservant son public quel que soient les orientations politiques de ses publics.

Quant à Mireille Mathieu, si elle a perdu son public c’est parce qu’elle n’en avait déjà plus beaucoup en France, sa carrière se fait à l’étranger. De plus, on connait en moyenne l’âge de son public mais pas sa répartition politique !

Moins vous êtes populaire moins votre public est large, plus il est typé : il constitue une niche. Un artiste qui est sur un créneau si étroit n’a pas la liberté d’exprimer ses prises de position, car si sa niche se ferme, il n’a plus de public.

Et le procès se paye plus durement quand le transfert se fait de gauche à droite que l’inverse. Il y a dans la conscience collective, dans la presse et plus particulièrement dans la presse de l’actualité culturelle l’idée qu’un artiste est logiquement à gauche. On considère donc qu’il trahit quand il migre vers l’autre camps.

D’où vient cette idée que le milieu artistique doit être politiquement à gauche ?

Le monde de la culture a globalement des idéaux qui sont proches de la gauche. Si on admet l’idée que la droite représente l’ordre, alors les artistes sont de gauche car la création culturelle, la création artistique, le monde des artistes est un monde qui vit moins bien avec l’idée d’ordre que le reste de la population. Ce monde-là est de gauche en Europe et démocrate aux États-Unis.

En France, il faut donc du courage quand on est un artiste de droite, en particulier lorsqu’on n’est pas un artiste populaire donc pas assuré de son public. Car les milieux culturels sont assez rétifs à accueillir des artistes qui peuvent exprimer des idées qui ne sont pas dans une forme de pensée culturelle – si ce n’est unique – qui est majoritaire.

Est-il antinomique de parler d’artiste de droite?

Non, c’est possible ! Il y a des écrivains des artistes, des comédiens, des chanteurs qui sont de droite et l’ont affiché mais c’est un engagement qui est plus difficile à affirmer que d’être de gauche ce qui semble naturel dans le milieu.

Il y a 40 ans être de gauche était dangereux pour un artiste. Ils n’avaient pas d’accès à la télévision, les chansons étaient censurées à la radio et à la télé sur ordre du pouvoir. Il y a toujours eu des artistes proches du parti communiste ou de la gauche radicale, mais ces artistes estampillés « gauche » étaient peu nombreux, ils étaient une dizaine : on avait l’anarchiste Léo Ferré, le communiste Jean Ferrat etc. Aujourd’hui les choses ont évolué. Il s’agit désormais des artistes de droite qui sont un peu pénalisé et c’est d’ailleurs pour cela qu’ils s’engagent un peu moins.
Quand on n’interdira plus mes chansons, Jean Ferrat

A quel moment la tendance qui visait à brimer les artistes de gauche a t-elle basculé ?

La gouvernance de Valéry Giscard d’Estaing a constitué le moment de la bascule. Par sa personnalité, il a mobilisé les intellectuels et les artistes de gauche. Mais irrités par le mode de gouvernance de Valéry Giscard d’Estaing, les artistes se sont par la suite retournés vers les socialistes et ont soutenu les socio-démocrates ce qui était très rare à l’époque.

En 1981, 80% des artistes français qui s’expriment sont en faveur de la gauche. François Mitterrand était un homme de grande culture, qui a toujours défendu les intellectuels. Il a mis en place Jack Lang qui a beaucoup compté pour les artistes de ce pays qui a créé la Fête de la Musique et a fait beaucoup en termes de symboles. C’est donc naturellement que François Mitterrand a fédéré le monde de la culture autour de lui pour les deux élections.

Lionel Jospin ne soulevait pas les foules. De nombreuses personnes ont appelé à voter pour Jacques Chirac en 1995 car elles avaient envie d’alternance.

En 2002, tous les artistes étaient contre le Front National et donc pour Jacques Chirac de manière obligatoire.

Et en 2007, les artistes se sont répartis assez également entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Mais le succès de Nicolas Sarkozy en 2007 est dans le mercato : il a réussi à rallier des gens qui traditionnellement étaient à gauche. Il montrait ainsi qu’il allait au delà de la droite et qu’il était l’objet de rassemblement. Il n’avait pas une cote formidable dans les banlieues donc Faudel et Doc Gynéco l’aidaient à ne plus passer pour le fasciste dans les banlieues que décrivait la gauche.

Ils se sont donc ainsi commercialement suicidés ?

Il s’agit plutôt d’une prise de risque que d’un suicide. Leur public ne leur a pas pardonné ce moment qu’ils ont vécu comme une trahison. C’est un public assez entier et même sectaire car quand on aime quelqu’un pour ce qu’il représente dans le milieu artistique c’est absurde de le sanctionner pour une prise de position politique.

Propos recueillis par Axelle Ewagnignon

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