Santé, le bilan caché des Présidents – METRO du 22/02/2012

François Mitterrand et son docteur, Claude Gubler, en 1994. Photo : APESTEGUY/SIPA

Santé, le bilan caché des Présidents

Un documentaire diffusé ce mercredi soir sur France 3 met en lumière le tabou de la santé des présidents. Aujourd’hui encore, le secret médical règne à l’Elysée

Les check-up présidentiels relèvent-ils du secret défense ? La santé des chefs de l’Etat a toujours été une question sensible sous la Ve?République, rappelle « La Maladie du pouvoir », documentaire diffusé ce mercredi soir sur France 3.“C’est le tabou ultime, plus que le sexe et l’argent”, nous affirme son réalisateur, Philippe Kohly, “très étonné” que le sujet n’ait jamais fait jusqu’ici l’objet d’une enquête fouillée. Car il y a matière. La culture du secret a régné en maître sous Georges Pompidou, qui, malgré les rumeurs, a caché jusqu’au bout la vérité sur le cancer du sang qui allait l’emporter en cours de mandat.
Elle s’est transformée en mensonge sous François Mitterrand : se sachant atteint d’un cancer de la prostate cinq mois après son élection, le socialiste a publié pendant dix ans des bulletins de santé n’en faisant pas état. Aujourd’hui encore, Nicolas Sarkozy, qui avait pourtant promis en mars 2007 au “Grand Journal” de Canal+ qu’il ferait de son médecin “une vedette”, se contente du minimum syndical. Si son “malaise vagal” de l’été 2009 a bien été rendu public, on n’a appris que deux mois plus tard, et par un livre, qu’il avait été hospitalisé en octobre 2007 au Val-de-Grâce pour traiter un léger abcès à la gorge.

Transparence ou voyeurisme
Pourquoi une telle discrétion ? “Une visite à l’hôpital est beaucoup moins secrète qu’auparavant, avec la multitude de médias, mais on continue à cacher, on continue à mentir. Car la question de la santé des Présidents met en cause la notion d’exercice du pouvoir”, explique le conseiller en communication politique Jean-Luc Mano.
Pas question, en quelque sorte, que le “capitaine du navire” montre ses faiblesses. “Cela dit, poursuit le communicant, si votre affection ne vous empêche pas de gouverner, je ne vois pas pourquoi il faudrait la révéler au grand jour : il ne faut pas confondre transparence et voyeurisme.”
Davantage de transparence serait néanmoins “hautement souhaitable”, diagnostique de son côté le politologue Philippe Braud : “Sans aller aussi loin qu’aux Etats-Unis, où les hommes politiques sont obligés d’étaler leurs états de service médicaux, il faudrait au moins que les candidats à la présidentielle arrêtent de mentir quand ils disent qu’ils seront transparents sur leur dossier médical.” L’un d’eux prendra rendez-vous chez le docteur en mai prochain.

____________________

Un documentaire édifiant

Oser dénoncer la maladie d’un Président est un crime impardonnable. Le docteur Claude Gubler l’a appris à ses dépends en dévoilant, dans un livre, l’incapacité de François Mitterrand à remplir sa charge officielle car il était atteint d’un cancer de la prostate.
Partant de cette histoire qui a défrayé la chronique en 1996, le réalisateur Philippe Kohly propose un documentaire passionnant et ultradocumenté sur la santé de nos dirigeants. De Georges Pompidou à Nicolas Sarkozy en passant par François Mitterrand et Jacques Chirac, « La Maladie du pouvoir » lève le voile sur une question essentielle mais encore taboue.
Diffusion ce soir à 20 h 35 sur France 3. Suivi à 22 h 10 d’un débat animé par Samuel Etienne

Livres de campagne: les candidats se racontent – L’Express.FR

Aller sur le site de L’Express

Par Diane Saint-Réquier
Changer de destin, l’autobiographie aux accents de programme politique de François Hollande, sort ce jeudi. La semaine prochaine ce sera au tour de Nicolas Sarkozy d’être édité. En quelques campagnes, le livre est devenu un outil indispensable aux politiques.

En 1988, la Lettre à tous les Français de François Mitterrand n’était qu’un fascicule d’une cinquantaine de pages. Depuis, le livre de campagne n’a cessé de gagner en épaisseur au fur et à mesure qu’il devenait un passage obligé de tout candidat à la présidentielle. Cette année, on a déjà vu ceux d’Eva Joly, de Marine Le Pen et ce jeudi sort celui de François Hollande qui sera suivi de près par l’opus de Nicolas Sarkozy.

Tantôt strictement politique, tantôt plus personnel, l’exercice a changé au fil des élections, mais sert toujours le même objectif: asseoir le ou la présidentiable dans une stature de chef d’état. Pourtant, selon Jean-Luc Mano, conseiller en communication, « un livre n’influence jamais en terme de vote, ça n’est d’ailleurs pas fait pour ça mais pour installer un climat. »

La France des livres

Pour lui, cette tradition du livre de campagne est d’abord une exception nationale. « En France, l’objet livre a une importance et une signification qu’il n’a pas ailleurs. […] Pendant la présidentielle, le lien avec le pays doit se faire aussi par l’écrit, et ça continue à compter même à l’heure de l’internet. » Aux Etats-Unis et dans les autres pays anglo-saxons, la parole politique se transmet essentiellement à l’oral, par des meetings bien sûr, et via les émissions de télévision et de radio évidemment. C’est aussi le cas en France, mais l’écrit y conserve, selon lui, une dimension particulière, à la fois plus solennelle et plus authentique.

Storytelling

En 1988, quand le président-candidat Mitterrand publie sa Lettre, elle est assez brève, intensément politique, et distribuée gratuitement. Il s’agit plus d’un long programme que d’un livre, ce que reconnaît volontiers l’auteur, par ailleurs grand homme de lettres.

Mais en trois campagnes, un glissement a eu lieu vers ce que Jean-Luc Mano appelle le story-telling. « Il s’agit de raconter son histoire pour raconter l’Histoire. Désormais les livres des candidats comportent une partie de ‘mise à nu’ en même temps que des éléments programmatiques. » Pour lui, malgré la disparité des formes comme des fonds, les livres de campagne fonctionnent tous sur le triptyque « mon histoire, mes valeurs, et quelques orientations. C’est une entreprise de dévoilement maîtrisé de soi-même. »

Une idée simple

Et les candidats se sont essayé à toutes les formes pour avoir, eux aussi, leur livre de campagne, comme un insigne de présidentiabilité. En 1995, Jacques Chirac avec La France pour tous offre un « charmant petit livre de cent trente pages, écrit en très gros caractères. Il y avait une idée. La fracture sociale, simple et efficace, empruntée à d’autres […] Et il y avait le pommier rouge et vert sur la couverture des livres, dont les produits dérivés enchantèrent les militants […]. » raconte dans la revue Le Débat Bénédicte Delorme-Montini. « En face, les ouvrages de Balladur et Jospin sonnaient comme des pensums », précise cette spécialiste de l’histoire politique moderne.

Livres de campagne: les candidats se racontent

Tantôt strictement politique, tantôt plus personnel, le livre de campagne a changé au fil des élections.

REUTERS

Démythification du livre et de la politique

En 2002, seize candidats se lancent dans la bataille et chacun y va de ses centaines de pages. Pour Bénédicte Delorme-Montini, on assiste à « la démythification de la politique et la démythification du livre: tout le monde se présente,

tout le monde écrit. » Cette fois encore, les formes varient: long entretien pour Lionel Jospin et son Le temps de répondre, autobiographie militante chez Noël Mamère qui rappelle son engagement dans Mes Vertes années pamphlet pour Olivier Besancenot et son Tout est à nous !.

Duel en un mot

En mars 2007, Ségolène Royal publie Maintenant, un titre en forme de clin d’oeil assumé au Ici et Maintenant de François Mitterrand en 1980. Un abécédaire en 190 mots et 312 pages où la candidate socialiste répond aux questions de Marie-Françoise Colombani, éditorialiste chez Elle sur ses idées politiques mais aussi sur sa vie de femme et de mère. Face à elle, Nicolas Sarkozy attend avril 2007 pour sortir son autobiographie Ensemble, qui mêle également politique « pure » et valeurs personnelles.

Les ventes, elles varient grandement. En 2002, faut-il y voir un signe, Lionel Jospin ne vend que 60 000 des 200 000 exemplaires tirés de son entretien. Sept ans plus tôt, Jacques Chirac avait vendu plus de 190 000 unités de son autobiographie. En 2007, avant de défaire Ségolène Royal dans les urnes, Nicolas sarkozy avait déjà remporté les batailles des librairies: son Ensemble s’est écoulé à plus de 50 000 exemplaires, contre seulement 16 000 exemplaires pour le Maintenant de sa rivale (source Edistat, hors poches).

 

Déhabillons-les du 6/02/2012 – Public Sénat

Pour faire parler d’eux, les petits candidats doivent faire preuve d’une certaine créativité pour marquer les esprits et se faire remarquer… A droite, ils sont donc plusieurs à vouloir se démarquer de Nicolas Sarkozy. Comment s’y prennent-ils ? Quels discours adoptent-ils ? Et quelles sont leurs formules pour marquer des points dans la course à la présidentielle ?

 

Ce qui nous fait rebondir cette semaine par Jean-Luc Mano & l’agence Edelman

Newsletter

Téléchargez la Newsletter n°4 du 5 au 12 décembre 2011

Semaine du 5 au 12 décembre 2011

Deux nouvelles candidatures pour la présidentielle 2012 :

Villepin surprenant, Bayrou prévisible
Nouvelle candidature inattendue à l’élection présidentielle,
celle de Dominique de Villepin.
Faibles intentions de vote, peu de moyens, pas de programme
clairement défini : que révèle donc cette candidature qui n’est
sûrement pas vouée à tenir sur le long terme ?
Elle s’assimilerait davantage à une candidature de témoignage,
montrant la volonté de l’ancien Premier Ministre à garder
une place dans le débat politique, mais aussi à une candidature
d’assurance, Dominique de Villepin se retrouvant à nouveau
sous la pression judiciaire, entre les affaires de rétrocommissions
et Relais & Châteaux.
Malgré les très faibles intentions de vote aujourd’hui, autour
de 1 ou 2 %, Nicolas Sarkozy doit se méfier. D’abord parce
qu’elles sont susceptibles de progresser, mais surtout parce
que la réserve de voix du candidat sortant s’amoindrit.
Lorsque Nicolas Sarkozy faisait 30 % au premier tour en
2007, les sondages lui accordent aujourd’hui 24 à 25 % des
voix.
Si la candidature de François Bayrou n’a pas surpris,
l’impact positif de sa déclaration sur les intentions de vote
dans les sondages est net. Le candidat centriste a
progressé de 6 %, depuis la déclaration de sa candidature,
le plaçant sur un socle de départ de 13 %. Le patron du
Modem bénéficie d’un espace important ; il peut rallier les
voix de ceux qui ne veulent ni de Nicolas Sarkozy ni
de François Hollande.
Face à un électorat d’une extrême volatilité, dans une
période de crise qui ajoute à l’indécision, nous assisterons
probablement en 2012 à l’élection la plus ouverte qui soit.
Avec quatre candidats, Nicolas Sarkozy, François Hollande,
François Bayrou, Marine Le Pen, pouvant tourner chacun
autour des 20 % de voix, aucun scénario pour le second
tour n’est à éliminer.

Union européenne : un accord au forceps

A défaut d’être « le sommet de la dernière chance », ce fut
un sommet décisif qui marque la fin de l’Europe, telle
qu’elle était configurée depuis dix ans, et donne naissance
à une nouvelle Europe, à 26 cette fois, et non plus à 27.
Le mécanisme qui s’est mis en place n’est pas celui de la
solidarité, puisqu’il n’est pas question de la mutualisation
de la dette. C’est un mécanisme intergouvernemental qui
s’est passé de référendum pour aller plus vite dans la
gestion de la crise.
C’est un succès clé pour le couple franco-allemand :
allemand pour la rigueur acceptée par tous, même par
des pays hors zone Euro, et français pour l’adoption du
mécanisme européen de stabilité et l’abondement aux
ressources du FMI à hauteur de 200 milliards d’euros.
Inimaginable encore ces derniers jours, la BCE voit son rôle
renforcée puisqu’elle pourra accorder des prêts à 3 ans
avec un taux de 1 % pour les banques qui détiennent la
dette souveraine.
Finalement, ce succès est à la fois un contrat de mariage
mais aussi un divorce, avec le refus de la Grande-Bretagne
de se plier à ces nouvelles règles. Cette dernière se retrouvant
aujourd’hui isolée, une grande partie de sa classe politique
craint un affaiblissement politique et économique.
La phrase de la semaine
Martine Aubry à propos d’Arnaud Montebourg
« Nous avons tout pour gagner, tout sauf l’égo
de certains qui veulent uniquement
faire parler d’eux. »

A surveiller dans les médias

La rencontre de François Hollande, le jeudi 15 décembre,
avec le collectif d’enseignants « Stagiaire impossible

» à
Bondy pour les entendre témoigner de leur expérience et de
leurs conditions de travail, et recueillir leurs éventuelles
propositions ou critiques, après la proposition du candidat
socialiste de recruter 60 000 nouveaux enseignants.

Continuer la lecture de « Ce qui nous fait rebondir cette semaine par Jean-Luc Mano & l’agence Edelman »

Ce qui nous fait rebondir cette semaine…

Les dommages collatéraux du nucléaire sur les verts et le PS

Les semaines se suivent et les incidents se succèdent pour les verts. Après la cacophonie générée par les difficultés de négociation avec le PS sur le nucléaire, voilà maintenant la zizanie au sein même des verts !
Cette fois, le problème concerne leur propre candidate à l’élection présidentielle, Eva Joly, qui a semblé prendre ses distances avec l’accord signé entre son parti et le PS !
Eva Joly a déjà été désavouée par son porte parole, Yannick Jadot, qui a donné sa démission, en raison de son désaccord avec la nouvelle ligne politique impulsée par la candidate. Continuer la lecture de « Ce qui nous fait rebondir cette semaine… »